21 janvier 2010

Interviews 15.10.09 Patrick Djanga, Animateur de la Société-Civile/Forces-vives et Secrétaire exécutif de l’Association pour la défense des droits de l’enfant (ADDE) 1.Animateur social connu dans les milieux de la Société civile, vous avez été absent du pays pendant plusieurs jours. Comment expliquez-vous cela ? Ayant compris que la situation de la République démocratique du Congo devrait changer après les élections de 2006, j’ai décidé de poursuivre mes études en France, d’où je reviens avec un diplôme de Master européen en Management et Gestion stratégique des entreprises. Des connaissances qui, à mon humble avis, me permettront de servir mon pays après le passage de la crise internationale que nous déplorons aujourd’hui. 2. Quelles sont, d’après-vous, les conséquences qu’entraîne cette crise financière internationale dans les pays du Sud en général, et en RDC en particulier ? La crise financière internationale actuelle commencée depuis les Etats-Unis serait due essentiellement à la conjonction de trois facteurs: les déséquilibres macroéconomiques, les dysfonctionnements microéconomiques et les pratiques financières à haut risque. Tous ces dysfonctionnements ont abouti à une crise des subprimes (prêts à risques) aggravée par la titrisation de nouveaux produits. La crise ainsi engendrée s’est vite propagée sur le plan international. En Afrique, les conséquences de la crise ont été vécues différemment selon le niveau de développement des pays. Les Etats comme l’Egypte, l’Afrique du Sud ou le Maroc dont les systèmes financiers sont plus intégrés au système international ont été frappés par effets de la contagion de la crise. Quant aux autres pays africains dont la RDC, ils ont plutôt subi les conséquences indirectes de cette crise qui est d’abord une crise de financement à travers les entreprises financières. Car elles ne pouvaient pas recevoir de fonds de la part de leurs consœurs occidentales, etc. 3. La crise est passée, l’heure est à la reconstruction. Par quels secteurs pouvons-nous relancer l’économie en RDC? Avant d’identifier les secteurs prioritaires, je pense qu’il y a certains préalables à remplir pour faciliter la relance de l’économie congolaise. Parmi ces préalables, je citerai, entre autres, l’assainissement du climat des affaires par la lutte contre la corruption, l’impunité et la mauvaise gouvernance d’une part, et d’autre part l’allégement de la fiscalité et de la bureaucratie; la réhabilitation des infrastructures de base ; le renforcement des institutions publiques. Néanmoins, les investissements sociaux (éducation, santé…), loin d’être budgétivores, facilitent la relance économique du pays parce qu’ils améliorent la qualité de la main-d’œuvre, par ce fait, la productivité de ses entreprises. Et donc, la dette publique ne doit pas être considérée indéfiniment comme un obstacle aux investissements. Le principal objectif est d’accroître la solvabilité en dégageant une vision claire, réaliste et responsable de la gestion économique du pays. Même les pays développés et émergents sont accablés par des dettes publiques colossales (Etats-Unis : 65,6% de son PIB en 2008 ; Belgique : 88,80% de son PIB en 2006 ; Italie : 106,70% de son PIB en 2006 ; Japon : 177,60% de son PIB en 2006 ; Chine : 22,10% de son PIB en 2006; Brésil : 46% de son PIB en 2006…). 4.Activiste des droits de l’homme. Que pensez-vous de l’actuelle dynamique au sein de la Société civile en RDC ? A mon avis, il n’y a rien de nouveau. Il semble qu’au départ, les gens se sont réunis en symposium pour une thématique précise autre qu’institutionnelle. Mais au final et contrairement aux recommandations finales du symposium, certains se targuent le pouvoir de régenter le mouvement associatif congolais. 5. En tant que responsable de l’Association pour la défense des droits de l’enfant (ADDE), quelles sont les actions palpables que votre structure compte mener ? En plus de son travail traditionnel de promotion et de défense des droits de l’enfant ainsi que d’éducation civique, l’ADDE poursuivra son action humanitaire par la réhabilitation des écoles. L’ADDE est aussi engagée à promouvoir le système de formation professionnelle en alternance en RDC. La formation en alternance est une formation professionnelle qui permet aux travailleurs et stagiaires, de suivre une formation diplômante tout en prestant dans les entreprises. Elle est aussi un mode par lequel, les entreprises participent à l’amélioration de la qualité de la main-d’œuvre par l’expression claire des besoins de formation de leur personnel et la prise en charge mutualisée des frais scolaires et académiques y relatifs. PROPOS RECUEILLIS PAR ALAIN NGULUNGU

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